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Les sirènes de l'écologie, ou les fausses bonnes idées éthiques

Qu’on commence sa démarche ou qu’on soit un écologiste de la première heure, arrive toujours et régulièrement le moment frustrant (voire carrément désespérant) : celui où on s’aperçoit qu’une de nos habitudes, dont on était sincèrement convaincu(e) qu’elle était éthique, ne l’est en fait pas tant que cela (pire, est aux antipodes de nos intentions) !


Personnellement, ma dernière douche froide a été d’apprendre que les célèbres tote-bags dont on nous recommande de nous munir pour nos emplettes (oui, je fais partie des gens qui disent encore « emplettes » en 2019) ne sont peut-être même pas vraiment moins polluants que les traditionnels sacs plastiques (même s’ils ont « l’avantage » de ne pas finir directement dans l’estomac de la faune marine)



Bien sûr, l’erreur est humaine, et c’est en faisant qu’on apprend. Mais pour vous épargner de trop de douloureuses désillusions si vous songez à organiser un événement éthique et écologique, j'ai envie de partager aujourd'hui avec vous deux des « fausses bonnes idées écolo » les plus répandues :


1- Choisir des produits bios (aliments / vêtements)


Si on en croit le marketing impressionnant autour des produits (aliments, textiles…) issus de l’agriculture biologique, le bio est a priori une bonne idée pour respecter l’environnement et les animaux. En réalité, c’est surtout une bonne idée pour la santé : l’absence de pesticides de synthèse, d’édulcorants, d’exhausteurs de goût et autres substances aux effets toxiques reconnus ou supposés (car encore méconnus), est l’argument majeur de ce mode de culture.


Mais en pratique, le bio n’est pas toujours synonyme de respect de l’environnement, car les réalités écologiques sont complexes du fait des multiples facteurs à prendre en compte. Au-delà de la simple étape de production, il faut considérer l’ensemble du cycle de vie, jusqu’à la valorisation du déchet, pour déterminer l’impact écologique d’un produit. Pour le bio, ce sont en particulier deux facteurs qui peuvent poser problème :


- L’emballage (plastique… mais pas que !) :


On l’ignore souvent, mais le plastique dont la production est déjà éthiquement très discutable est de surcroît peu et mal recyclé. Ainsi, de bons légumes bios emballés dans trois sacs plastiques sont un véritable non-sens écologique (de même que les produits cosmétiques ou ménagers « bio » dans des flacons de plastique jetables…). Même « biodégradables » (qui n’est d’ailleurs pas synonyme de « compostable » !), les emballages plastiques restent des dangers pour l’environnement et des sources de pollution. Quant aux belles promesses plastiques « biosourcés » (c’est-à-dire conçus à partir de matériaux dits « naturels »), je ne saurais que trop vous conseiller le reportage de Cash Investigation à ce sujet : « Plastique : la grande Intox » du 11 septembre 2018 ; vous vous apercevrez vite qu’elles sont loin d’être tenues...


Alors vivent les petits sachets en papier kraft façon biocoop ? Ce n’est pas forcément tout bon non plus : là encore, leur filière de recyclage est très imparfaite (pour peu qu’ils soient seulement triés !), et surtout, l’industrie de production du papier et du carton reste une source de pollution et de déforestation non négligeable (sans parler des problématiques liées à l’impression) : d’après le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), on considère qu’un arbre sur cinq dans le monde est abattu pour cela et qu’à ce jour, 80% des forêts primaires ont disparu de la surface de la planète en raison de l’activité humaine !




Quel que soit le produit (bio ou non), le vrac et l’utilisation d’emballages réutilisables à longue durée de vie (bocaux ou boîtes en verre, en métal…) et/ou consignés sont donc à privilégier largement !


- L’origine :


Bien souvent, l’origine locale d’un produit est la garantie d’une plus grande vertu écologique que son équivalent importé, car on peut déduire du cycle de vie la partie « transport », très polluante.


Cependant, il faut tout de même rester vigilant à cette question de l’origine, car ce n’est pas une règle absolue ! Ainsi, Consoglobe avance que « le bilan énergétique d’une rose cultivée au Kenya et acheminée par avion est meilleur de moitié à celui d’une rose cultivée en serre chauffée et éclairée 24 heures sur 24 au Pays-Bas (335g de CO2 contre 670g). ». Dans cet exemple, le chauffage de la serre en Europe pour produire la fleur est en effet plus polluant que le transport de la même fleur depuis l’Afrique…


Plus que le local, c’est donc le circuit court (ce qui implique de consommer de saison) qui est très largement le plus vertueux ! Vivent donc les AMAP (où, en plus, vous découvrirez bien souvent avec bonheur que les producteurs ont une démarche éco-responsable même s’ils ne cherchent pas à obtenir de label bio).


2- Compter sur le recyclage et les matières recyclées


Pour autant, on continue à avoir besoin de se loger, se vêtir, cuisiner… Et aussi, sortir, s’amuser, voyager, décorer et célébrer des événements (ouf !) ! Et heureusement.


Alors on peut se dire que, quitte à devoir absolument produire des choses pour assurer notre existence, autant utiliser des matériaux recyclés. Je pense que c’est en effet une bonne idée ! En revanche, le raisonnement qui consiste à se dédouaner d’acheter du neuf en se disant qu’il sera recyclé tient moins la route…



Bien sûr, il FAUT continuer à trier les déchets et à les recycler. Mais cette solution est loin, très loin d’être la plus intéressante écologiquement, car au-delà du fait que seules environ 20% des matières recyclables le sont effectivement en France, le coût énergétique du recyclage est considérable. Pour recycler, il faut en effet trier, transporter, transformer, reconditionner, réacheminer… Et cela ne se fait pas sans utiliser d’autres ressources. Ainsi, le recyclage reste tout de même une forme de gaspillage.



Contrairement à la réutilisation ! Je vous encourage donc, si vous en aviez, à dépasser vos préjugés sur les ressourceries telles qu’Emmaüs ou, à Angers, la Ressourcerie des biscottes. Ces filières ne sont pas seulement écologiques mais pleinement éthiques, car elles favorisent notamment la réinsertion sociale de travailleurs fragilisés. Et on y trouve VRAIMENT des perles de mobilier et de décoration !


Dans tous les cas, gardez à l’esprit que le déchet idéal reste celui… qui n’existe tout simplement pas !


3- Bonus : le dématérialisé


L’envoi de faire-part numérique en pièce jointe par e-mail ou en dirigeant ses contacts vers le lien d’un site vitrine est-elle LA solution du XXIème siècle en matière d’événement écologique ? Rien n’est moins sûr… En effet, même si elle n’est pas directement perceptible, la pollution engendrée par les pratiques numériques existe bel et bien : il faut prendre en compte le cycle de vie des équipements électroniques, ainsi que leur consommation énergétique, ainsi que l’impact des data-centers qui stockent les données et traitent les requêtes…


Même si on manque encore de recul à ce sujet, le secteur du numérique est donc loin d’être écologiquement neutre !



Ne vous laissez donc pas endormir par les chants de la modernité ou de l’innovation, et gardez à l’esprit que toute solution envisagée doit être étudiée au cas par cas et comparée aux autres en fonction des contextes particuliers…

Et que le mieux est parfois l’ennemi du bien !


Un peu perdu(e) par l’ampleur des dilemmes écologiques ? Pour ne pas vous laisser avoir par le green-washing lors de l’organisation de votre événement, n’hésitez pas à faire appel à Quorum pour vous aiguiller !

 

Angers, Pays-de-la-Loire et Grand Ouest

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