• Camille

Choisir un rituel de cérémonie laïque

Mis à jour : sept. 4

Les deux principales questions concrètes que se posent (et que me posent, par conséquent) les personnes qui souhaitent organiser une cérémonie laïque de mariage, de baptême, ou pour toute autre étape de vie sont :


- Comment construire une trame de cérémonie laïque ;

- Quel rituel choisir ?



Pour le premier aspect, j’ai justement un article en préparation à propos des codes de la cérémonie laïque, et notamment de la pertinence des trames types qu’on peut trouver sur Internet, des intérêts qu’elles comportent bien sûr mais aussi de leurs limites.


Avant cela, aujourd’hui, j’ai envie d’aborder la question du choix d’un rituel symbolique pour une cérémonie laïque ou cérémonie d’engagement.


Car d’ores et déjà, alors que la cérémonie laïque est une pratique relativement récente en France et qu’elle devrait encore permettre une liberté totale et débridée pour célébrer cette étape de vie, mille articles ont été faits sous forme de listes de rituels, parmi lesquels il suffirait de piocher celui ou ceux qui nous plaisent le plus.


Mais donner simplement des exemples et des idées, à mon avis, ne suffit pas.


Au centre se pose la question cruciale (que vous commencez à connaître !), pour moi… du sens de la cérémonie.


Pour choisir le rituel adapté au-delà du critère « esthétique », de la tendance ou au contraire de l’originalité, il est donc bon de prendre le temps de définir le sens et la place que peuvent prendre ces gestes symboliques dans la cérémonie laïque qu’on prépare.


Comment trouver ce sens ?


Comment savoir si un rituel nous correspond vraiment ?



La cérémonie laïque de mariage ou de baptême permet d’envoyer un message, pour soi, pour l’autre et aussi pour l’assemblée présente.


La première question devrait donc être : quel est ce message ?


C’est une fois identifiée la nature de ce message, qu’on peut déduire la nature du symbole approprié.


Classique ou original ? Participatif ou individuel ? Tourné vers les protagonistes, ou l’entourage ? Le « bon » rituel est celui qui entre en adéquation avec ce qu’on veut vivre et partager lors de son mariage.


Il dépendra bien souvent de votre histoire et culture (pour lui rendre hommage ou s’en détacher), de vos convictions (spirituelles mais aussi politiques, morales, valeurs…) et de votre personnalité (discrète, plus exubérante…).


Un peu perdu(e) ?


Voici quelques pistes pour déterminer et choisir le rituel de cérémonie laïque qui vous correspond… vraiment.


La dimension personnelle (créer, c’est s’approprier)


Avant tout, je tiens à rappeler qu’il est possible de vivre une cérémonie laïque tout à fait émouvante et chargée de sens en n’y intégrant pas de rituel du tout !


Si on ne se sent pas à l’aise avec l’utilisation de symboles pour exprimer ses valeurs et ses sentiments, il est tout à fait inutile de se forcer.


L’avantage majeur de la cérémonie laïque est la personnalisation qu’elle permet ; à ce titre, on peut donc « tout se permettre » - ne pas proposer de rituel, reprendre tel quel un symbole très populaire, ou inventer quelque-chose d’inédit.


Mais attention à ne pas confondre la personnalisation avec l’originalité à tout prix.


En effet, les personnes se demandent souvent s’il vaut mieux créer un rituel « original » ou si reprendre un rituel « classique » suffira pour que la cérémonie soit vraiment au plus proche de soi, de qui on est.


Cette question n’en est à mes yeux pas vraiment une.


De la même manière qu’on peut composer une infinité de musiques avec huit notes, et écrire une infinité d’histoires avec 26 lettres, la singularité d’une œuvre ne tient pas forcément dans la création d’un nouveau matériau ou la complexification d’un outil, mais dans l’utilisation personnelle qu’on fait de ce matériau et de cet outil.


Pour le dire plus concrètement, prenons un exemple : celui de l’arbre à empreintes.



Le rituel de l’arbre à empreintes est un rituel qui a eu beaucoup de succès ces dernières années, pour de nombreuses raisons : il est simple à mettre en place et à réaliser tout en étant participatif, il a un bel effet visuel, il permet de garder un souvenir du moment de la cérémonie…


Si vous sentez que le symbole a du sens pour vous, mais que vous craignez cependant qu’il soit trop impersonnel en raison de sa popularité, alors, essayez de vous l’approprier plus profondément.


Au lieu d’imprimer ou de commander un visuel préexistant, faites peindre la toile par l’un de vos parents ou par vos enfants.


Au lieu d’encre du commerce, utilisez des pigments issus de décoctions des plantes du jardin de votre enfance.


Au lieu de l’habituel chêne, représentez une essence qui rappelle vos origines (Cèdre du Liban, Erable du Japon ou du Canada…).


Bref, pour exprimer votre message, nul besoin d’inventer complètement un nouveau langage.


Bien sûr, vous pouvez le faire si vous en avez l’envie et l’idée ; mais si un rituel déjà existant vous parle, vous pouvez tout simplement chercher comment le retravailler pour qu’il raconte vraiment votre identité !


La dimension sociale du rituel (l’individuel et le collectif)


Un autre aspect qui pourra orienter votre choix de rituel de cérémonie laïque est votre rapport à l’intime, la place de l’assemblée, et ce que vous souhaitez partager ou non (ainsi que vos proches) durant une cérémonie.


Cet aspect ramène à la dimension sociale de l’événement, en particulier du mariage et de la naissance.


Car l’union de deux personnes ou l’arrivée d’un nouvel être est un événement à la fois individuel et collectif.



Le jour où on célèbre son amour, on s’engage dans son couple, et aussi au regard de son entourage : proches, familles, amis qui sont également engagés émotionnellement et affectivement. De même quand on accueille un enfant.


Certains considèrent encore avant tout qu’un mariage est l’union de deux familles, ou qu’il faut « tout un village » pour élever un enfant.


Ces deux aspects, intime et partagé, ne s’opposent pas, ils sont complémentaires. Ils sont donc tous les deux à prendre en compte pour choisir un rituel de cérémonie laïque.


En effet, si on choisit de faire une cérémonie laïque en présence de ses proches, c’est bien qu’on souhaite leur donner une place ; si on considérait que cela n’était que l’affaire du couple ou de la famille, après tout, prononcer des vœux et échanger des alliances pourrait très bien se faire entre soi !


(Au passage, si vous vous retrouvez plutôt dans cette version très intimiste de la cérémonie d’engagement pour votre mariage, alors je vous conseille de vous intéresser de près à la tendance actuelle de l’elopement, à laquelle il est très probable que je consacre aussi bientôt un article – décidément, que de sujets à aborder) !


Pour un mariage, est-ce qu’on souhaite que cette assemblée assiste et profite simplement de ce qu’on souhaite lui témoigner en tant que couple ; ou est-ce qu’on souhaite l’impliquer activement dans la mise en symbole de ce qui compte pour elle, de ce qu’elle souhaite transmettre à ce couple ?


Pour son enfant, envisage-t-on le rôle de l’entourage comme central, ou comme plutôt secondaire dans sa construction ?


En fonction de ce critère très subjectif, qui touche donc à la place qu’on souhaite donner à ses proches, on peut envisager des rituels plutôt effectués par le couple ou au contraire, des rituels collectifs et participatifs.


De plus, quand on se retrouve devant une assemblée plus ou moins grande, constituée de personnes avec qui on n’a pas la même proximité relationnelle, cela met en jeu plusieurs dimensions : son degré de pudeur, la gestion de sa propre émotivité… et le rapport des autres à ces questions.



Réciproquement, il faut donc tenir compte de la façon dont les proches souhaitent s’impliquer, et d’à quel point ils sont à l’aise pour partager leurs sentiments et émotions !

Ainsi, si on est soi-même timide, introverti, ou qu’on tient à ménager les zones de pudeur de certains de ses proches, un rituel n’a pas forcément à être (très) visible.


Pour rendre hommage par exemple à une personne disparue qui tenait une place particulièrement importante pour soi et dans la vie de certaines personnes présentes, plutôt que de marquer cette absence de façon importante par une minute de silence ou de musique qui risque d’être un moment difficile à traverser pour tout le monde, placer une photo de ce proche dans la doublure de sa veste, ou placer une bougie au bout d’un banc du premier rang avant que la cérémonie démarre peut amplement suffire…


La dimension temporelle du rituel (avant, pendant et après)


Un dernier aspect qui peut aider à se décider pour un rituel de cérémonie laïque en particulier est la façon dont on envisage sa cérémonie laïque dans son aspect temporel.


Les occasions de vivre pleinement l’instant présent étant rares et précieuses, on peut vouloir profiter d’une grande occasion pour se concentrer sur l’émotion de l’instant uniquement.


Si on souhaite avant tout se placer dans le ressenti et le lâcher-prise, j’aurais tendance à conseiller de privilégier les rituels à dimension éphémère.


Par exemple, un chant, un lâcher de papillons, de bulles de savon…


A l’inverse, est-ce qu’il est important pour soi de garder un souvenir de ce moment ?


Si tel est le cas, il vaut mieux privilégier un rituel matériel ou qui permette de garder une trace.


Par exemple, un rituel du sable ou, comme évoqué précédemment, un arbre à empreintes…


Avec certains rituels, il est même possible de faire durer dans le temps le message.



L’exemple emblématique est la capsule temporelle, qui comporte deux avantages à mes yeux.


D’une part, elle fait le lien entre les aspects individuels et collectifs, puisque des futurs mariés ou les parents d’un enfant baptisé peuvent s’en servir exactement de la même manière.


Mais surtout, comme son nom l’indique, sa dimension temporelle longue est particulièrement intéressante si cet aspect de la durée est important pour vous.


La capsule temporelle permet en effet de profiter deux (voire trois) fois plus du temps et de l’émotion de la cérémonie laïque : en préparant en amont le contenant ainsi que le ou les objets qu’on souhaite y placer ; en vivant un moment fort le jour-j pendant sa mise en place ; et en redécouvrant son contenu des années après !


Conserver et redécouvrir au bout d’un, cinq ou dix ans ses vœux, un portrait de soi en audio par l’être aimé, dressé à deux, ou par vos proches (comme le propose par exemple Radio Trombines !) ou un objet symbolique, un mot prononcé le jour-j par un proche, des souhaits d’avenir, livres, objets offerts par l’assemblée… est un moment fort et unique.

A retenir



Le message que vous souhaitez passer à travers votre rituel devrait donc selon moi être le principal critère : il dépend de votre histoire, votre culture, vos convictions, votre personnalité… individuelle, familiale et/ou de couple.


Le choix d’un rituel approprié permet seulement la mise en forme de ce message, en symbole.


Alors ensuite, degré de personnalisation, dimension collective ou intime, aspect matériel ou immatériel… voire, pas de rituel du tout, vous saurez ce qui vous correspond le mieux !

Le rôle d’un créateur de cérémonie laïque tel que je l’envisage n’est pas d’écrire à votre place votre histoire ; il est de l’entendre d’une manière nouvelle et différente, pour pouvoir la raconter sous un jour global et unique.

Vous souhaitez être accompagnés dans l’écriture et la conception de votre cérémonie ? Faisons connaissance !

 

Angers, Pays-de-la-Loire et Grand Ouest

06 75 82 45 33

Formulaire d'abonnement

  • Facebook
  • Instagram
  • Pinterest

N° SIRET : 850683202000 12

Conditions générales de vente

©2019 by Quorum (Camille THOMAS)